Vendredi de Pep’s:RUPTURE, de l’urgence de couper le cordon ombilical et rompre avec certaines pratiques.

Le pays s’enlise, les résultats ne suivent pas les ambitions déclinées. Qu’est-ce qui cloche ? Quels sont les freins ? Quelles sont les contraintes à lever ? « Après le rapport du FMI plaçant notre pays parmi les 25 pays les plus pauvres dans le monde, le bureau du rapport sur le développement humain (Brdh) a publié le rapport 2015 sur le développement humain qui fait noter une reculade du Sénégal de 52 places. Notre pays en effet, quitte la 118 ème place, c’est-à-dire les pays à développement moyen pour tomber à la 170 ème place, celle des pays à développement faible. » dixit un quotidien de la place. Ces résultats sont loin d’être honorables pour un pays qui se targue d’être un chantre de la paix et de la stabilité politique. 55 ans de glorification de notre fameuse terranga, du dialogue des cultures et des religions ont fini par accoucher d’un système de piétinement insupportable de la société et un discrédit du modèle sénégalais. Le pays ne fait plus rêver. Les gens sont déçus, découragés et la honte s’empare de plus de la conscience des populations au fur et à mesure que les scandales s’accumulent. Les touristes ont démystifié la destination Sénégal car trouvant ailleurs une offre plus diversifiée et innovante et de meilleures conditions de sécurité. La politique de la main tendue de nos dirigeants a fini de faire de notre pays un pays de mendiants, de blanchiment d’argent sale et de repères de brigands et de féticheurs de mort. J’ose espérer que certains énergumènes ne viennent pas que pour la gente féminine car la femme est le dernier rempart qui nous reste en terme de dignité et de travail.

COUPER LE CORDON OMBILICAL EST UNE URGENCE ABSOLUE :

Les relations avec l’ancienne puissance coloniale ne permettent plus au pays de sortir de l’ornière. Ces relations gagnant (ex colonisateur) / perdant (ex colonisé) sont trop déséquilibrées pour nous permettre de sortir du sous-développement. Il ne s’agit pas de couper toutes relations avec nos partenaires occidentaux mais plutôt d’aller vers des relations gagnant/gagnant plus équilibrées. Ok nos dirigeants successifs ont tous essayé de poser des jalons pour notre développement, cependant ils ont pratiquement tous maintenu un statu quo qui fait de notre pays un valet de l’impérialisme occidental et une espèce de province pauvre de ces pays. Il est temps que notre pays s’émancipe et vole de ses propres ailes. « Les oiseaux volent en groupe et volent haut mais l’aigle vole seul et vole plus haut. Dès fois ne t’étonne pas de ta solitude, elle explique tout simplement de quelle espèce tu es et le degré de ton altitude. » Notre pays doit se comporter comme cet aigle. L’arrimage de notre monnaie à une devise étrangère a renforcé notre pauvreté. Le coût de la vie est insupportable pour les populations à si faibles revenus. Notre dépendance aux importations appauvrit notre économie et réduit ses capacités à produire localement et à exporter. Nous devons retrouver notre souveraineté politique, économique, monétaire. Nous devons battre notre propre monnaie et définir la masse monétaire nécessaire pour notre politique économique, nos indispensables investissements dans les ressources humaines, dans la promotion de la production et la consommation locales, dans l’émergence de capitaines d’industrie locaux et d’un secteur privé local fort et d’une classe moyenne dynamique, pour restaurer la crédibilité de notre pays et son rayonnement international, pour faire vivre nos solidarités et installer durablement une cohésion sociale. Nous disposerons de notre propre système d’informations pour fiabiliser nos statistiques. Il est temps de redonner espoir à tout un peuple qui ne mérite pas une telle situation.

ROMPRE AVEC UN TRAIN DE VIE DISPENDIEUX DE L’ETAT ET DE SES DIFFERENTS DEMEMBREMENTS :

Dans un pays sous-développé surendetté, l’administration ne peut pas se permettre certaines largesses. Les goûts de luxe et dépenses somptuaires n’ont pas leur place dans une administration qui se veut responsable et citoyenne. Les fonds politiques au niveau des 3 premières institutions du pays peuvent permettre de résoudre une partie importante des préoccupations d’emploi des jeunes. Les moyens de l’Etat doivent être orientés vers la satisfaction des besoins des populations et non utilisés pour la massification d’un parti politique, le débauchage d’opposants ou l’accueil de transhumants. L’opacité dans la gestion des marchés publics, où surfacturation, corruption, concussion, prise illégale d’intérêt et autres trafics d’influence sont toujours légion, coûte cher à la collectivité. La baisse et la maîtrise de la masse salariale de notre administration sont une urgence absolue. Les réunions, conférences et séminaires à la pelle avec leurs lots de perdiems et frais exorbitants rajoutent au gaspillage d’une « nomenclatura » et d’un microcosme politiques qui ne connaissent surement pas la valeur de l’argent car n’ayant jamais créé de richesses par eux-mêmes.

ROMPRE AVEC LE “TOUT POUR DAKAR” :

Le Sénégal, ce n’est pas seulement Dakar. Dakar a besoin d’être élaguée, d’être redessinée, d’être aérée, d’être assainie. Il aurait été plus judicieux de créer un pôle scientifique et technique entouré d’un poumon vert (jardins, plan d’eau, aires de jeux et de distraction) à la place de la cité de l’émergence pour permettre à la ville de respirer un peu et aux citoyens de se cultiver et s’aérer l’esprit. Certaines décisions relèvent d’une absurdité absolue : 55 Milliards pour construite un palais des congrès dont la rentabilité est hypothétique, 507 milliards pour un train express régional et combien alors pour une cité de l’émergence dans une ville qui étouffe et qui ne présente aucune cohérence architecturale. Les priorités sont surement mal choisies. On veut en mettre les yeux à des populations désoeuvrées qui ont plus besoin de retrouver leur dignité dans un emploi que de maigres bourses familiales. Ok il y a le PDUC mais nos régions ont besoin d’un véritable new deal pour se développer : Nous avons plus besoin en ce moment de routes à 2 X 2 voies qui relient toutes les grandes villes du pays que d’autoroutes coûteuses, de construire des aéroports régionaux, (toutes les grandes villes du Sénégal méritent un aéroport), moderniser l’agriculture et favoriser l’agro-industrie, créer un tissu industriel de PME/PMI, un réseau d’artisans, de commerçants, de professions libérales, de structures éducatives, des réceptifs hôteliers de grande qualité, des structures sanitaires modernes, de nouveaux programmes immobiliers pour fixer les populations dans les régions et créer de l’activité.. Mettre les charrues avant les bœufs et créer des usines à gaz ne font que continuer à déprimer le peuple.

ROMPRE AVEC UN CERTAIN CULTE DE LA PERSONNALITE :

Cette rupture commence aussi par l’abandon d’un culte insupportable de la personnalité au sommet de l’Etat. Comment les conseillers en communication du Président peuvent-ils persister à laisser passer des messages du type : le président offre 1 appartement et 10 millions de Francs CFA à chaque lauréate ? Ok, c’est tout à fait normal de récompenser le mérite. Cependant dans un pays civilisé les primes à verser pour récompenser ce mérite sont planifiées et définies à l’avance par le ministère concerné en concertation avec les fédérations. Ces primes doivent aussi être en phase avec les potentialités du pays qui ne doit en aucun cas vivre au-dessus de ses moyens. En essayant, dans une démarche politicienne, de faire porter le chapeau au Président, cette action ne fait que le discréditer et renforcer la relation malsaine que nous avons avec l’argent. Un pays qui n’arrive pas à nourrir et soigner convenablement ses populations, qui n’assure pas la disponibilité des ressources en eau et en énergie électrique doit veiller à assurer une certaine rationalisation de ses dépenses. Il y a des priorités à assurer et les populations ne voient pas d’un bon œil certaines extravagances qui ne sont que pure vanité. Cette situation fait le lit des activistes et prédateurs de toutes sortes. Un autre marketing politique plus engageant et mobilisateur, qui donne du sens et réconcilie les populations avec la chose politique est vivement attendu. L’action politique doit éduquer et sensibiliser les masses pour aboutir à des changements de comportements indispensables pour que la société se mette en mouvement.

ROMPRE AVEC LA RECUPERATION POLITIQUE DU FAIT RELIGIEUX :

La relation entre le spirituel et le temporel doit aussi échapper à ces tentatives de récupération politicienne. Ok il faut moderniser les cités religieuses, mais c’est tout le Sénégal qu’il faut moderniser. Là aussi nous sommes en présente d’une faute flagrante de communication qui veut maintenir les masses dans l’ignorance. C’est de l’obscurantisme insupportable pour ces millions de jeunes et adultes qui attendent de se former et de s’insérer harmonieusement dans la vie active. C’est un drame humain de voir des personnes naitre, grandir dans le giron familial et arriver à la quarantaine sans connaître l’expérience d’un emploi. Il faut mettre les gens au travail pour les détourner de certaines pratiques informelles et déviantes. La religion ne doit en aucun cas être l’opium d’un peuple. Il nous faut plus de Djoulits (vrais croyants) que de Djoulikats (prieurs mécréants) pour booster notre développement.

ROMPRE AVEC LA PERSECUTION POLITIQUE ET LE RECOURS AUX PORTEURS DE VOIX :

L’environnement social du pays ne peut plus supporter l’existence d’une police politique qui persécute des journalistes et emprisonne des opposants. C’est une faillite de l’Etat dans son rôle de garant de la démocratie et de l’Etat de Droit. En faisant de la pédagogie dans l’action politique, l’Etat peut responsabiliser les médias du pays et dialoguer efficacement avec l’opposition. Cet Etat doit d’abord assurer sa propre crédibilité pour affirmer son leadership et donner confiance aux populations. Il appartient à la puissance publique de donner l’exemple. Elle a tout à sa disposition : la justice, la police, la gendarmerie et les moyens financiers. Elle peut donc, dans une démarche proactive, faire régner l’ordre et la discipline dans le pays. Ces comportements ne font que braquer la population contre un régime de plus en plus en perte de vitesse et de repères. Que peut faire pour le pays des individus qui ne font que changer leur veste au grès des alternances et qui ont échoué sur toute la ligne dans leurs missions antérieures ? C’est un mauvais exemple donné à un peuple qui a urgemment besoin de repères positifs. C’est du pilotage à vue néfaste à notre pays. Là aussi une rupture est souhaitable pour désormais assoir une politique de recrutement basée sur une vision, des valeurs et des compétences et non sur les critères de porteurs de voix. Le pilotage à vue ne donne pas de résultats.

Dans une République qui se respecte, il n’y a pas de place au clientélisme, au népotisme, au clanisme et au sectarisme des systèmes de castes et de classe sociale. La République doit privilégier l’égalité des chances, l’intérêt général et l’intérêt national. Cette République doit permettre à ses citoyens d’innover et créer en permanence de la valeur pour la collectivité.
Continuons le combat citoyen pour rompre avec ces pratiques d’un autre âge et pour que le Sénégal retrouve toutes ses lettres de noblesse. Continuons ce combat pour construire une nouvelle citoyenneté dans une nouvelle République plus juste, plus unie, plus solidaire et en progrès. Prions pour que 2016 soit une année apaisée, pleine de santé, de bonheur, de justice sociale et de progrès partagé par tous. Jummah Mubarak

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